À ma droite
À ma droite : la haine, des corbeaux en pagaille,
Une pénombre étendue chante sur une gamme mineure.
Des crânes pleins de poussier embrassent la crypte
Où la veuve est malade, où l'orphelinat pleure.L'épaisse toile de nuages teintée mélancolique,
Berceau d'une foudre sublime, d'un tonnerre ténébreux.
Les lynx en frissonnent, les cafards en tremblent.
Sous l'orage colossal, suffocant, le dictateur à froid.
L'arbre à sourires est blessé pour un temps,
Sa résine est ambre, son cœur est basalte,
Ses fruits sont ridés, ternes, saumâtres,
Son feuillage grisonnant,
Son écorce : un charnier de cicatrices.
Sur un vaste désert cramoisi,
Aux fleurs incarnates fripées
Suintantes de poison tilleul,
L'ours sort d'un marécage glauque
Bavant de colère.
Son cœur détale et pompe un sang ardent,
Son esprit transpire de fureur,
Sa rage écrase son cœur.
Dans son poing, l'arme du soleil et sa poudre cruelle.
Puis...
Un bruit violent et court qui se perd en échos monstrueux,
Une grossière taillade dans une chair brûlante de douleur,
Un carmin soupir,
Une brumeuse vision,
Un sépulcre noirâtre,
Un instant morose, puant.
Un zéphyr froid fait sangloter les ramures des saules.
Des torrents d'eau efface le paysage.
Des torrents d'eau apaisent l’ours.
Mais bientôt la repentance soulèvera son foie !
La nuit est éternelle dans ces caveaux glaciaux,
Où les insectes dansent, où la danse est tango,
Où sur une chaise d’ivoire aux racines solides,
Votre avatar est lié, le front penché, les yeux fermés,
En esclave qui se morfond au milieu d’un fond mort,
Dans un silence de grotte.
Au pourtour du wagon de votre vieille raison,
Elle attend silencieuse votre moindre faux pas
Pour vous planter son dard et bouillir vos viscères.
Pour troubler vos valeurs et vous laisser dément,
Impropre,
Sans repères...
La haine au ventre.
Case - Les vieux morceau (2004/2005)
